Interview pour Art Trope juin 2020

par

1. Quel est votre parcours ?

Je suis arrivée à la création artistique par goût du dessin depuis l’enfance. Je recopiais les photographies en noir et blanc du magazine « Reporter sans frontières » que mon père achetait le dimanche matin après le marché.
Je cherchais à comprendre la construction de ces images prises sur le vif en m’appropriant la composition et les différentes nuances qui dessinent l’ensemble. Il y a quelque chose dans ces images de brut qui me permettait d’exprimer mon envie de découverte du monde.

Plus tard, j’ai intégré une section spécialisée au lycée, puis une formation de cinq ans dans une école supérieure d’art en Bretagne à Lorient. Dans cette école, j’ai développé un travail pictural plus important, sur des supports variés. J’ai aimé les techniques d’impression (gravure, sérigraphie, photographie) mais aussi la sculpture sur bois et le travail de la vidéo.

 

2. Quel est votre domaine d’expression ?

Mes sources d’inspiration varient, elles sont généralement liées à un média. La plupart du temps ce sont des images de différente nature, magazine, livres, cartes postales, images imprimées sur toile. Elles ont toutes une histoire particulière.

Ma technique est en corrélation avec ma démarche artistique par le choix des supports et de leur recouvrement. Je recouvre l’image de base avec des encres, des pigments en ne laissant apparaître que certaines choses, ainsi se crée une discussion, un glissement visuel entre le dessus et le dessous. Par le jeu des transparences, une nouvelle lecture de l’image initiale est proposée au spectateur et l’œuvre apparaît car la transformation a eu lieu.
Je cherche à amener le spectateur à s’interroger sur le rapport entre ce que l’on voit et ce qui est dissimulé. Je cherche à surprendre le regard par l’amplitude graphique, colorée et picturale, et par le sens que cela entraîne. Plus particulièrement dans la série des Paysages qui est un travail sur la mémoire questionnant notre rapport au temps.

 

3. Comment votre pratique a-t-elle évoluée ?

Ma pratique évolue en fonction des supports que je trouve et de l’espace que j’ai pour travailler. Plus mon atelier est réduit, plus je travaille petit et plus le numérique prend de la place.
Actuellement, je travaille sur des séries de cartes postales récupérées, elles sont toutes écrites et proviennent pour la plupart de régions touristiques de France.

Mes principales expositions ont été dans l’ouest de la France. Avoir la chance d’exposer son travail permet d’échanger sur sa propre vision du monde. En ces temps incertains l’Art a toute sa place, celle de porter un regard différent sur notre humanité en lien avec la partie créative de chacun.

 

4. Quelle relation entretenez-vous avec Art-Trope ?

Actuellement, la difficulté en tant qu’artiste est de multiplier les compétences pour acquérir une visibilité, maintenir un fil d’actualité sur tous les réseaux sociaux, gérer son site internet, collaborer avec les bonnes personnes tout en poursuivant la création de façon libre.
Art-Trope se propose de conseiller, de former et/ou de gérer à notre place tous ces éléments très chronophages. C’est unique et cela m’aide à poursuivre mon travail plus sereinement. Lorsque l’on crée on est seul, le fait de se savoir soutenu et appuyé est une vraie chance et c’est ce qui me plaît dans ce dispositif. De même, ce qui m’importe le plus, c’est cette continuité collaborative sur le long terme.